16 juin 2008

Trans - Bucovine

Après avoir passé quelques jours a Sibiu, petite ville médiévale très agréable du centre de la Roumanie, nous sommes partis dans le coeur de la Transylvanie : le pays des citadelles saxonnes. En effet, il y a bien longtemps (vers le XIIe siècle), la Hongrie avait demandé aux allemands de venir peupler cette région pour protéger les portes du pays contre les invasions des Turcs et des Tatars. Les "Saxons" ont donc construit des églises fortifiées où les habitants du village venaient stocker leurs réserves, et se réfugier en cas de danger. Aujourd'hui, il ne reste que peu de saxons, l'exode ayant commencé après la 2nde guerre mondiale jusque dans les années 90. Quelquefois les places laissées par les Saxons ont été prises par les Roms, au grand désespoir des Roumains. Nous sommes donc passés par Slimnic, Mediaş, Biertan, Sighişoara, Viscri (photo) et quelques autres.


Après ce petit tour de quelques jours, nous sommes allés visiter le chateau de Bran, injustement identifié comme étant le chateau de Dracula. En effet, Vlad Tepes n'y aurait séjourné que quelques nuits. Par contre, le chateau est très beau, constitué en musée relatant principalement la manière de vivre d'une de ses dernières propriétaires, la Reine Marie de Roumanie (dont nous avions visité une maison de "vacances" à Baltchik en bulgarie). Nous sommes passés ensuite en vitesse a Braşov, ville déjà plus importante, ayant conservé sa place médiévale, et non loin, l'"église noire" qui a survécu a un inendie dévastateur. Nous passons la nuit à Prejmer, un petit village fort smpathique, où nous visitons le lendemain une dernière citadelle saxonne, très bien conservée.


Le lendemain nous est arrivée une bien jolie aventure : nous étions allés jusque Tazlau, une petite ville, plébiscitée par le Routard, qui était en effet bien jolie, mais pas bien différente que les dix villages que nous venions de traverser. Nous le traversons donc pour aller voir le petit monastère dont les portes étaient fermées mais un voisin nous ouvre et nous invite à entrer. Nous allons donc jusqu'à l'église, les anciens murs et d'anciens batiments sont en ruine, mais l'église est très bien conservée. Nous en voyons sortir un tout petit moine qui va nettoyer quelque chose avant de revenir et de nous inviter à entrer dans l'église. Il nous explique tant bien que mal avec quelques mots de français, d'anglais et de Roumain l'histoire de l'église et du monastère, fondés par Stefan Cel Mare, qui a longtemps été à l'abandon et dans lequel il est aujourd'hui tout seul. Répondant à mes questions, il nous montre la tour où il vit et nous invite même a voir sa cellule. Là, il nous raconte qu'il passe beaucoup de temps à peindre, à sculpter, et bien sûr à méditer. Il nous montre aussi des livres sur les monastères de la région, nous invite à partager des boudoirs trempés dans du miel, puis va vaquer à une quelconque occupation, nous laissant avec son livre. Quand il revient, il nous passe autour du cou un petit médaillon de la vierge qu'il bénit, avant de nous bénir nous aussi avec de l'eau bénite. Il nous montre aussi ses dessins, m'en offre un et se propose d'en dessiner un nouveau pour Lidia. Puis il nous fait visiter son atelier et le grand jardin dans lequel il vient "écouter le silence" et quand nous partons il nous offre encore une petite image pieuse. Nous rentrons un peu décontenancés mais charmés à la camionnette. Le soir au bar du village, nous rencontrons aussi des jeunes roumains qui ont travaillé a Bruxelles, dans le batiment et qui parlent donc un peu français ("tu connais la gare du nord?).


Ensuite, nous faisons un grand bond vers le nord pour nous rendre en Bucovine, où se nichent toute une série de monastères. Nous passons la nuit dans un petit camping juste en face de l'un d'entre eux, et commençons donc le marathon par celui de Dragomirna, un des plus jolis selon moi car il n'est pas entièrement peint, et les pierres sculptées sont magnifiques. Les suivants (Suceviţa, Moldoviţa, Voroneţ et Humor) sont par contre assez similaires. On y retrouve la plupart du temps un "jugement dernier", un "arbre de Jessé", la Vierge et l'Enfant, etc. Peut-être aussi le fait de tous les avoir visités dans la même journée n'était pas une bonne idée. La grosse différence avec ceux que nous avons visité en Bulgarie est qu'ici il n'y a que des moinesses.


Et samedi, nous avons pris la route pour Iaşi, "grosse" ville de la Moldavie Roumaine, où nous attendaient Astrid et Denis, et d'où je prends ce soir le train de nuit pour Bucarest où je prends mon avion mardi matin. Lidia restera donc avec eux quelques jours, le temps que je revienne de cette coupure "professionnelle". C'est une ville assez verte, au coeur de laquelle on trouve aussi plusieurs monastères, de belles églises, et un immense palais de la culture, malheureusement en rénovation pour cinq ans.


Pour ma part, je croiserai certains d'entre vous que j'embrasserai de visu, mais si jamais j'oublie de vous les transmettre, sachez aussi que Lidia me charge de vous envoyer plein de bisous.

4 commentaires:

Lorie a dit…

Embrasse-nous plutôt "de facto". (mon dieu, c'est hilarant).
bon ben j'espère que tout va bien, lili. écris-nous comment ça se passe.
plein de bises.

timo a dit…

C'est marrant,vous commencez à être bien bronzés...

Lid a dit…

c'est assez drole d'ailleurs de revoir les photos du debut du voyage... on etait plutot "palo"...

Anonyme a dit…

Vlad Tepes, mais ne serait-ce pas notre cher Vlad Tapas qui serait content de redécouvrir l'un de ses lieux de vilégiature ? Ah, la Roumanie, chantre de l'une des légendes fantastiques, les plus fameuses d'Europe...